L’Atelier Français des Matières et Les Indémodables
Le choix de la qualité
Depuis 2016, on découvre tout doucement l’Atelier Français des Matières, un labo dirigé par Rémi Pulvérail. Entre autres ancien responsable du sourcing pour Givaudan, il est désormais un indépendant qui a su mener sa barque en marge de l’industrie, accompagné de sa femme Valérie Pulvérail qui dirige de son côté Les Indémodables.
Saison 5 – Épisode 13
Écouter le podcast sur L’Atelier Français des Matières et Les Indémodables
L'Atelier Français des Matières / Les Indémodables
Une présentation d’anthologie : L’Ancien (qui porte 2015 Le Phénix des Bains Guerbois) et Le Zen (en Vanille Havane des Indémodables) s’entretiennent avec Valérie et Rémi Puvérail autour de leur laboratoire de l’Atelier Français des Matières, de leur boutique Le Bistro de la Beauté à Annecy et de leur marque Les Indémodables.
Par L’Ancien.

Valérie et Rémi Pulvérail – Crédit photo : Cafleurebon.com
La matière d’abord
En s’axant sur les matières on articule forcément ses créations autour de la qualité. Le sang d’une belle composition, l’ADN du beau en parfumerie vient donc des essences qu’on va utiliser, et logiquement du sourcing en amon pour dénicher les meilleures d’entre elles.
Rémi Pulvérail a bossé chez le légendaire Charabot puis chez le géant Givaudan, dont douze ans dans le domaine du sourcing des matières premières. Cette riche expérience, il s’en sert depuis 2016 au sein de sa propre entité L’Atelier Français des Matières, laboratoire qu’il partage entre autres avec un certain Antoine Lie, parfumeur chevronné du mainstream et de la parfumerie de niche.
Le bistro de la beauté
Valérie, spécialisée dans la vente et la distribution, de son côté se dirige vers les soins en lançant le Bistro de la beauté à Annecy. Encore une histoire de matières donc, mais elle devient aussi un point essentiel de la vente des parfums de l’Atelier, en démarrant logiquement leur propre marque Les Indémodables.
Elle se concentre sur la vente en formant et conseillant les clients, en les orientant vers une parfumerie plus vraie.
Donnez de la force à vos gars ! Il nous a fallu 4 espressos et 1 intenso lungo pour préparer cet épisode !
Anthologie des grands crus
En restant ancré dans le rendu de belles matières, l’Atelier développe une collection Anthologie des Grands Crus. Une série de parfums millésimés dont les noms rendent hommage à leurs fournisseurs. Jasmin de Cherifa, Vanille d’Amine et les autres, portent ainsi la mémoire de ceux qui œuvrent à la source, des cultivateurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour produire le meilleur de ce que la terre leur offre.
Comme on le disait dans notre épisode sur les artisans, c’est bien ça le luxe. Obtenir des jus qui sont de vraies richesses, autant en composition qu’avec les composants en eux-mêmes !
Rémi Pulvérail va à la rencontre de cultivateurs qui ne peuvent produire les quantités nécessaire pour combler les grandes maisons de l’industrie. Les prix sont donc plus chers, mais qu’à cela ne tienne ! Si l’on cherche la qualité, les matières supérieures, ça a un coût.
L’évidence
La qualité ça se sent. Formulations, maturations, macérations et conditionnement sont gérés en interne. Les références proposées, autant pour Les Grands Crus que pour les Indém’, soufflent leurs textures sur notre peau.

On pourra donc ne pas aimer un parfum, pour non-affinité, mais pas pour une question de qualité.

Les Indémodables
Le buzz des Indémodables s’est fait grâce à Vanille Havane. Les quelques passionnés qui connaissaient la marque ont hypé leurs semblables à travers le pays sur ce parfum ultra crossover mais de grosse qualité. Le reste de la collection a ainsi été connue avec une ou deux autres fragrances, comme Ambre Suprême qui compterait pas moins de 10% d’ambre gris dans sa formule.
La marque mise donc sur une communication de proximité avec ses clients potentiels, visant à faire comprendre très particulièrement son message et le but de sa collection.
Les grandes familles… remodelées
La maison revisite les grandes familles olfactives de la parfumerie en cherchant à les dépasser.
Un pari risqué dans le sens où la plupart des enseignes de niche ont essayé de nous faire avaler cette couleuvre en débarquant avec leurs dizaines de références stériles en ouverture de catalogue. Ceci dit, Les Indémodables prennent leur temps et misent surtout sur la matière, ce qui saute au nez immédiatement, mais surtout en prenant les idées toutes faites à contre-pied. On aura ainsi une Fougère féminine, une vanille masculine, pour casser les clichés.
Le véritable intérêt ?
Il y a d’abord la démarche éducative de L’Atelier et du Bistro qui jouent localement un rôle important pour l’olfaction. Les formations sur place ou même les Masterclass en live avec Persolaise sur YouTube (en anglais) sont réellement utiles pour la masse et les passionnés qui désirent se cultiver.
L’intérêt est bien sûr olfactif à l’arrivée. Se voir proposer des thématiques autour des matières qui nous permettent d’appréhender du brut, du beau, du consciencieux. Ça n’est pas donné à tous d’accéder à tout ça en cette ère du tout industriel en parfumerie. Là où la niche a fini par se vendre, certains protagonistes ont « choisi le hors-piste », comme dirait Hamé !
Voguer en solo, être indémodable…
Choisir ce chemin garantit finalement l’esprit du produit. Pas de tests, pas de comptes à rendre à part à soi-même. On est loin de la guerre en cours, on se permet ce qu’on veut, what else ?
Les marques qui ont un intérêt sont celles qui proposent un morceau de leur cœur et du « supplément d’âme », et sont celles qui traverseront le temps, à coup sûr.

Anthologie des grands crus
En restant ancré dans le rendu de belles matières, l’Atelier développe une collection Anthologie des Grands Crus. Une série de parfums millésimés dont les noms rendent hommage à leurs fournisseurs. Jasmin de Cherifa, Vanille d’Amine et les autres, portent ainsi la mémoire de ceux qui œuvrent à la source, des cultivateurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour produire le meilleur de ce que la terre leur offre.
Comme on le disait dans notre épisode sur les artisans, c’est bien ça le luxe. Obtenir des jus qui sont de vraies richesses, autant en composition qu’avec les composants en eux-mêmes !
Rémi Pulvérail va à la rencontre de cultivateurs qui ne peuvent produire les quantités nécessaire pour combler les grandes maisons de l’industrie. Les prix sont donc plus chers, mais qu’à cela ne tienne ! Si l’on cherche la qualité, les matières supérieures, ça a un coût.
L’évidence
La qualité ça se sent. Formulations, maturations, macérations et conditionnement sont gérés en interne. Les références proposées, autant pour Les Grands Crus que pour les Indém’, soufflent leurs textures sur notre peau. On pourra donc ne pas aimer un parfum, pour non-affinité, mais pas pour une question de qualité.
Les Indémodables

Le buzz des Indémodables s’est fait grâce à Vanille Havane. Les quelques passionnés qui connaissaient la marque ont hypé leurs semblables à travers le pays sur ce parfum ultra crossover mais de grosse qualité. Le reste de la collection a ainsi été connue avec une ou deux autres fragrances, comme Ambre Suprême qui compterait pas moins de 10% d’ambre gris dans sa formule.
La marque mise donc sur une communication de proximité avec ses clients potentiels, visant à faire comprendre très particulièrement son message et le but de sa collection.
Les grandes familles… remodelées
La maison revisite les grandes familles olfactives de la parfumerie en cherchant à les dépasser. Un pari risqué dans le sens où la plupart des enseignes de niche ont essayé de nous faire avaler cette couleuvre en débarquant avec leurs dizaines de références stériles en ouverture de catalogue. Ceci dit, Les Indémodables prennent leur temps et misent surtout sur la matière, ce qui saute au nez immédiatement, mais surtout en prenant les idées toutes faites à contre-pied. On aura ainsi une Fougère féminine, une vanille masculine, pour casser les clichés.
Le véritable intérêt ?

Il y a d’abord la démarche éducative de L’Atelier et du Bistro qui jouent localement un rôle important pour l’olfaction. Les formations sur place ou même les Masterclass en live avec Persolaise sur YouTube (en anglais) sont réellement utiles pour la masse et les passionnés qui désirent se cultiver.
L’intérêt est bien sûr olfactif à l’arrivée. Se voir proposer des thématiques autour des matières qui nous permettent d’appréhender du brut, du beau, du consciencieux. Ça n’est pas donné à tous d’accéder à tout ça en cette ère du tout industriel en parfumerie. Là où la niche a fini par se vendre, certains protagonistes ont « choisi le hors-piste », comme dirait Hamé !
Voguer en solo, être indémodable…
Choisir ce chemin garantit finalement l’esprit du produit. Pas de tests, pas de comptes à rendre à part à soi-même. On est loin de la guerre en cours, on se permet ce qu’on veut, what else ?
Les marques qui ont un intérêt sont celles qui proposent un morceau de leur cœur et du « supplément d’âme », et sont celles qui traverseront le temps, à coup sûr.
Et vous, les Indémodables et l’Atelier Français des Matières ça vous inspire quoi ?
Faites profiter le lecteur de votre expérience, lâchez un commentaire !
L’auteur :

L’Ancien
Auteur / Animateur
Il est la voix lugubre de ce podcast, grande gueule qui aime à secouer l’industrie du parfum. Sur ces notes trempées à l’encre noire, on peut distinguer des listes de victimes enterrées de Paris à Oman. L’Ancien est celui que tu aimes détester, c’est cette note de cœur qui te dérange mais qui rend la composition si singulière.
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