Madagascar de Parfum d’Empire
Du vrai, du lourd !
En découvrant ce Madagascar, le baume vanille de Parfum d’Empire qui devrait sortir en octobre 2025, on s’est vu gueuler dans nos salons : « enfin, putain de merde » !! Enfin un parfum qui nous propose une émotion, de la qualité, des matières, de la technique cette année. On n’en pouvait plus…
Saison 6 – Épisode 16
Écouter le podcast sur Madagascar de Parfum d’Empire :
Madagascar
Le récital vanille
Pour ceux qui pensaient avoir un chouette petit parfum à la vanille chez eux, vous allez vite déchanter ! Madagascar de Parfum d’Empire propose à toute l’industrie d’aller se faire foutre avec une nouvelle leçon parfumée signée Marc-Antoine Corticchiato. Le Dark Vador de l’Empire s’est énervé une fois de plus en se penchant sur une des matières les plus rincées de la parfumerie : la fameuse vanille.
Les têtus donc qui doutaient encore sur la marque n’ont qu’à aller se torcher avec les grosses merdes de leurs étagères, on a encore atteint les sommets du game, mais encore faut-il avoir des narines (et un cerveau) pour comprendre… On s’est donc dit qu’on allait parler en une langue française bien claire pour que le message passe. Il est temps de foutre un coup de pied dans la pompe à fric qui baise tout le monde dans les parfumeries luxe et via les coffres de voiture. Ouvrez vos yeux, ouvrez vos oreilles et écoutez ce podcast, vous en sortirez grandis…

Parce que oui, certaines maisons arrivent à foirer une vanille ! En se dirigeant vers les labos hypés de la petite niche perdue, on leur fourgue du dégueulis de cochon enveloppé dans du caramel. Des vanilles qui ne sont que des vanillines qui donnent migraines et nausées, calibrées – soit disant – pour toucher un large public. Ce qui fait marrer c’est que les acheteurs de ces jus sont souvent des marques qui produisent à peine 1000 flacons et qui en chient pour les débiter.
Du mass market pour de la ni-niche, du gourmand au régime hyperglycémique, de la vanille timide de pisseuse… où en est-on des descendants de Shalimar ? La réponse s’est suicidée il y a longtemps déjà.
Il y a bien évidemment de belles vanilles dans le commerce, tout n’est pas honteux, mais qu’ont-elles vraiment apporté au game ? Beaucoup « se contentent » de faire bien, de produire dans la noble lignée, sans jamais aller plus loin… sauf Parfum d’Empire, comme à chaque fois que la maison explore une matière, on passe les frontières.
Donnez de la force à vos gars ! Il nous a fallu 3 latte macchiato vanille pour préparer cet épisode !
Madagascar, le baume vanille !
Quand je dis qu’il faut qu’on parle, c’est pour le bien de tous. D’abord pour les comptes en banque des victimes, mais aussi parce qu’il faut rétablir la vérité. La vanille qu’on illustre ici est composée avec science et le désir de proposer non pas une vanille mais plutôt une PUTAIN DE VANILLE ! On trouve donc trois extraits différents pour rendre la chaleur, le gras, le côté charnu de la matière, cette gousse qui sent à trois kilomètres à la ronde (comme ce colis de fou que La Panthère m’a envoyé de Mayotte, bourré de gousses de vanille hurlantes!). On a à l’ouverture une teinture de vanille qui permet d’avoir la matière immédiatement, présente dès les notes de tête. Puis un extrait au CO2 qui nous sublimera jusqu’aux notes de fond, avant d’apporter le final sombre et profond d’un absolu de vanille qui laissera sur la peau des facettes de foin et même de cuir.

Cuite à la vanille
En discutant avec Marc-Antoine, juste avant la Grasse Perfume Week, il m’expliquait ce qui l’a poussé à composer cette formule diabolique : un souvenir inoubliable de Madagascar.
Alors qu’il exerçait sur l’île avec son illustre comparse Lucien Acquarone, spécialiste de la fabrication d’unités d’extraction de plantes à parfum, la fille d’un de leurs partenaires malgaches leur fit découvrir un rhum maison complètement dingue.
La jeune donzelle râpait de la coco fraîche, des fèves de cacao, elle ajoutait des clous de girofle, des grains de poivre, des bâtons de cannelle, et une quantité abusive de bottes de gousses de vanille qui avaient longuement mûrie au soleil, qu’elle avait fendu pour laisser pénétrer la chair et s’en échapper les grains noirs. Elle laissait macérer le tout des semaines, puis servait cette sorcellerie à ses victimes. Marc-Antoine, le Corticchiato des grandes récompenses du monde du parfum, s’est pris la cuite de sa vie avec cette horreur !
Ce Madagascar enivrant, en parfum
En humant le bouchon du petit 15 ml que j’ai reçu, l’histoire s’est illustrée sous mon nez instantanément. Je voyais la bouteille diabolique devant moi, avec ses effluves d’alcool, ses épices brûlantes qui s’échappaient et prenaient toute la pièce. Un poivre superbe, une cannelle chaude, et cette putain de vanille grasse, imposant toute sa richesse, sa sensualité, dans le jus et dans l’espace.
Est-il possible de trouver plus belle vanille ? Bien que le récit ne propose pas juste ces gousses irrésistibles, on se demande comment un autre parfum puisse lui arriver à la cheville ? Les plus belles propositions du genre sont à des années lumières, soyons clair. L’évolution, la joute que se livrent les facettes du parfum lui donne une singularité addictive.
Ce que propose Parfum d’Empire n’est trouvable nul part ailleurs. Car si la technique peut se montrer dans les œuvres de grandes maisons de composition ou par la main d’orfèvres de la formulation, c’est la maitrise des matières premières qui fait la différence ici.

La supériorité Parfum d’Empire
Cette supériorité vient du lien de Marc-Antoine entretient avec les plantes à parfum, d’une expérience unique au monde. C’est pour cela que les derniers parfums de la collection vont si loin dans des domaines vus et revus en parfumerie :
- Vétiver Bourbon, un vétiver absolument unique, profond et onctueux,
- Un bel amour d’été, un monoï ultra riche aux facettes charnelles,
- Ruade, un oud venu après la tendance pour rappeler aux marques ce qu’est la matière réellement,
- Ce Madagascar le Baume Vanille, qui transporte la vanille au-delà de ce que la parfumerie a connu.
Prenez-en de la graine, Parfum d’Empire navigue loin des rivages touristiques du petit monde du parfum, loin de la hype et des tendances, loin de la merde flottante. Pendant que les maisons se branlent sur leurs compo stériles, d’autres vous emporte vers l’orgasme pour de vrai !
La survie de la parfumerie
Cet épisode, axé sur ce baume vanille appelé Madagascar, est bien plus important qu’un simple avis. Ça fait combien d’années que les jeunes passionnés de parfum se font tamponner aux caisses des parfumeries avec des marques de merde ? Matière Première, Xerjoff, Maison Crivelli, Parfums de Marly, Initio, la liste est interminable ! Il est temps de poser le nez sur ce type de parfum pour comprendre l’ampleur de la douille que la Pop niche nous met. C’est un parfum simple à appréhender, dont les matières sont faciles à retrouver dans le jus tant elles sont présentes dans notre vie. On peut capter rapidement à quel point le bail est sérieux et surtout à quel point on se fout de nos gueules avec les compos pétées, pleines de matières synthétiques niquées, de boisés ambrés radioactifs, dans les parfums hypés. Il est temps de faire un pas vers l’art, vers le beau, vers le vrai, vers l’élévation de soi, à l’opposé de l’avilissement qu’on nous impose. Parfum d’Empire c’est le dernier des Mohicans, ne cherchez pas plus loin, le parfum c’est ça et rien d’autre.
Et vous, vous avez pu sentir Madagascar le Baume Vanille de Parfum d’Empire, vous l’avez vécu comment ?
Faites profiter le lecteur de votre expérience, lâchez un commentaire !
1 Commentaire
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L’auteur :

L’Ancien
Auteur / Animateur
Il est la voix lugubre de ce podcast, grande gueule qui aime à secouer l’industrie du parfum. Sur ces notes trempées à l’encre noire, on peut distinguer des listes de victimes enterrées de Paris à Oman. L’Ancien est celui que tu aimes détester, c’est cette note de cœur qui te dérange mais qui rend la composition si singulière.
La Parfumerie, La Saison 6 du Podcast Parfum
Tous les épisodes :
Mutation de la Niche : un pas de plus !
La parfumerie de niche est en mutation, surtout celle des grands groupes, un cap est franchi pour enfin rentabiliser les rachats…
Un mot sur la concentration
La puissance olfactive monte, il fallait qu’on s’explique sur la concentration du parfum. Eau de Toilette, Eau de parfum ou Extrait, de quoi on parle ?
L’expérience client
Combien a-t-on acheté de flacons qu’on a fini par mettre de côté ? L’expérience client est extrêmement importante pour bien choisir…
Je suis une gousse froissée par le soleil, un souvenir de rhum et de peau. Vous souvenez-vous de moi, l’odeur qui restait quand le silence tombait ?
Une jeune fille me l’avait fait goûter, là-bas, sous les tropiques.
À l’ombre d’une maison de bois aux volets mi-clos, elle le préparait sans dire un mot.
Juste ses mains. Le rythme lent de ses gestes. Cette patience pleine, presque ancienne.
Du rhum blanc, vif et brut.
Du citron vert râpé à vif.
Du gingembre écrasé, jusqu’à la brûlure.
Une mangue abandonnée, un éclat d’ananas, un soupçon de piment, une larme d’eau tiède, un filet de sucre roux.
Sans mesure. Sans recette. Juste l’instinct et le souvenir.
Elle refermait la bouteille, puis la laissait dormir. Trois jours. Douze. Parfois davantage. Le temps qu’il fallait. Le temps que cela devienne autre.
Et puis un jour, sans prévenir, elle le ressortait.
Elle le versait.
Le liquide avait changé de peau.
Il sentait l’orage, le bois mouillé, la lumière collante d’un après-midi sans fin.
Dès la première gorgée, c’était bon.
Immédiatement bon.
Mais ce n’était pas cela qui comptait.
Ce goût-là n’était pas bon pour ce qu’il était, mais pour ce qu’il évoquait.
Une torpeur. Une suspension. Une brèche ouverte vers l’indicible.
Il y avait quelque chose d’évanescent, de troublant, de tendre aussi.
Et alors tout se brouillait.
On ne savait plus si l’on buvait ou si l’on se souvenait.
Si c’était l’alcool ou la lumière.
Si c’était les îles ou un mirage.
Mais ce qu’on savait, c’est qu’on voulait y retourner.
Encore