MTL Olfaction, Montréal et le Parfum du Québec à l’honneur

Saison 7 – Épisode 8

L’importance du Partage

L’évènement MTL Olfaction nous pose une question simple : Qui connait la parfumerie québécoise ? Réponse claire : Personne ! Probablement pas assez exotique pour les storytellings cadrés de l’industrie, il y a pourtant bel et bien une culture olfactive à Montréal qu’on a tenue à présenter pour l’occasion.

Écouter l’épisode de La Parfumerie sur MTL Olfaction :

Une présentation multiculturelle : Le Zen (qui porte Un bel amour d’été de Parfum d’Empire) et L’Ancien (en Too Much Cacao par Al Qasidah) interviewent Raed, fondateur de la MTL Olfaction de Montréal.

– Par L’Ancien.

Aujourd’hui, on délaisse un peu nos habitudes parisiennes, où l’on se sent parfois un peu étouffés par le marketing et les lancements stériles, pour traverser l’Atlantique. On va voir ce qui se trame chez nos cousins du Québec, car il se passe quelque chose de vraiment spécial là-bas. On va parler de MTL Olfaction, un évènement qui va ébranler les narrines de Montréal du 28 au 30 août 2026, et croyez-nous, ça sort vraiment des sentiers battus. On a eu la chance de s’entretenir longuement avec son fondateur, Raed Moussa, un gars d’une sincérité et d’une humilité qui font un bien fou dans notre milieu.

L'évènement MTL Olfaction, au Fashion College UQAM de Montréal les 28 et 29 août 2026.

La Genèse : Un pont entre l’Irak et Montréal

Raed, c’est un profil comme on les aime ici. Réalisateur immersif de métier, Montréalais depuis 30 ans, il porte en lui des racines irakiennes profondes où le parfum est une culture vivante, presque sacrée. On a découvert un passionné qui a grandi avec cette sensibilité, guidé par des rencontres clés comme celle d’Isabelle Michaud de chez Monsillage, qui l’a parrainé dans ce milieu. Après une formation à distance avec l’institut Art and Olfaction de Los Angeles durant la pandémie — le moment parfait pour se plonger dans les molécules de synthèse quand le monde était à l’arrêt — il a décidé qu’il était temps d’arrêter d’attendre. On sent chez lui ce besoin de mordre dans les projets.
C’est ainsi qu’est née cette première édition de Montréal Olfaction, nichée au cœur de l’École supérieure de mode de l’ESG UQÀM. L’idée n’est pas de faire du business to business froid et guindé, mais de connecter les créateurs, les boutiques et le public autour de l’odorat sous toutes ses formes. Pour nous, c’est une démarche d’une générosité rare : proposer un espace où l’on célèbre le sens le plus évocateur, sans la pression commerciale habituelle qui nous fatigue tant.

 

Aujourd’hui, on délaisse un peu nos habitudes parisiennes, où l’on se sent parfois un peu étouffés par le marketing et les lancements stériles, pour traverser l’Atlantique. On va voir ce qui se trame chez nos cousins du Québec, car il se passe quelque chose de vraiment spécial là-bas. On va parler de MTL Olfaction, un évènement qui va ébranler les narrines de Montréal du 28 au 30 août 2026, et croyez-nous, ça sort vraiment des sentiers battus. On a eu la chance de s’entretenir longuement avec son fondateur, Raed Moussa, un gars d’une sincérité et d’une humilité qui font un bien fou dans notre milieu.

La Genèse : Un pont entre l’Irak et Montréal

Raed, c’est un profil comme on les aime ici. Réalisateur immersif de métier, Montréalais depuis 30 ans, il porte en lui des racines irakiennes profondes où le parfum est une culture vivante. On a découvert un passionné qui a grandi avec cette sensibilité, guidé par des rencontres clés comme celle d’Isabelle Michaud de chez Monsillage, qui l’a parrainé dans ce milieu. Après une formation à distance avec l’institut Art and Olfaction de Los Angeles durant la pandémie — le moment parfait pour se plonger dans les molécules de synthèse quand le monde était à l’arrêt — il a décidé qu’il était temps d’arrêter d’attendre. On sent chez lui ce besoin de mordre dans les projets.

C’est ainsi qu’est née cette première édition de Montréal Olfaction, nichée au cœur de l’École supérieure de mode de l’ESG UQÀM. L’idée n’est pas de faire du business to business froid et guindé, mais de connecter les créateurs, les boutiques et le public autour de l’odorat sous toutes ses formes. Pour nous, c’est une démarche d’une générosité rare : proposer un espace où l’on célèbre le sens le plus évocateur, sans la pression commerciale habituelle qui nous fatigue tant.

L'évènement MTL Olfaction, au Fashion College UQAM de Montréal les 28 et 29 août 2026.

Le Programme : Une éducation du nez avant tout

Ce qui nous a tout de suite frappé dans cet évènement, c’est son côté profondément éducatif. Raed nous l’a confié en toute franchise : l’instruction olfactive est pauvre mondialement, et il veut changer cela à son échelle. Pour lui, comme pour nous, l’essentiel est le partage et la construction d’un langage commun pour que chacun puisse parler de ses émotions sensorielles avec assurance. On ne naît pas avec le vocabulaire du nez, on l’apprend, et c’est exactement ce que cet évènement propose. On aime vraiment cette idée d’informer et d’instruire pour que le consommateur, face à un parfum mainstream ou de niche, puisse enfin utiliser un langage qui lui appartient, avec plus de confiance.

MTL Olfaction Logo

Donnez de la force à vos gars ! Il a fallu à l’équipe 4 espressos très amers pour propulser cet épisode !

MTL Olfaction

Site officiel

Contactez Raed pour toute question concernant l’évènement olfactif de Montréal (mail en bas de page du site officiel). Il se déroulera les 28 et 29 août 2026 au Fashion College ESG UQÀM, en partenariat avec la UQÀM Faculty of ArtsMontréal, QC

Le programme est bien ficelé, il comprend des ateliers qui lient le goût et l’odorat car on sait bien que tout est connecté. L’équipe de Café Saint-Henri propose une dégustation comparative pour apprendre à nommer ce qui se passe réellement dans la tasse. On y explore les fleurs, les épices, la torréfaction… une vraie initiation sans prérequis pour apprendre à sentir, goûter et décrire. Et pour les amateurs de feuilles, c’est chez Camellia Sinensis que ça se passe. On y plonge dans la richesse aromatique du thé pour éveiller ses sens à travers des profils variés. On nous propose même de découvrir des tisanes à base d’herbes locales, issues des cultures autochtones, une expérience historique et gustative fascinante.

Mais là où on entre dans le vif du sujet plus technique que nous affectionnons, c’est avec Miskeo Parfum. Leur atelier sur le potager moléculaire emmène les participants explorer la chimie des plantes, avec l’idée de mettre littéralement le nez dans les molécules potagères pour comprendre comment ces odeurs du jardin finissent par structurer nos flacons. Si vous voulez vraiment comprendre les entrailles de la création, c’est le rendez-vous qu’on vous conseille de ne pas manquer. On a aussi un atelier d’extraction avec Lvnea Parfums. C’est crucial car souvent, le public pense qu’on presse juste une rose pour faire un parfum. Là, on va comprendre pourquoi c’est complexe, ça va parler de solvants, d’enfleurage et de teintures. C’est une véritable immersion dans le labo du créateur indépendant, une sorte de « cooking show » olfactif.

Hacker le parfum et explorer la synthèse

Vous connaissez notre amour pour les rebelles et les pirates de la parfumerie. On a donc forcément aimé le concept de l’atelier Parfum pirate animé par Contrebande. Le concept nous a interpelé : on apporte un parfum mal-aimé, une vieille lotion de pharmacie ou un après-rasage de brocante, et on apprend à le hacker en lui superposant des ingrédients de parfumerie. C’est une manière de dénaturer l’œuvre pour mieux se l’approprier, un geste presque punk qui a déjà séduit beaucoup de monde puisque l’atelier a été l’un des premiers à afficher complet. 
Les matières de synthèse seront abordées à la MTL Olfaction de Montréal
Les matières de synthèse seront abordées à la MTL Olfaction de Montréal
Mais là où on entre dans le vif du sujet plus technique que nous affectionnons, c’est avec Miskeo Parfum. Leur atelier sur le potager moléculaire emmène les participants explorer la chimie des plantes, avec l’idée de mettre littéralement le nez dans les molécules potagères pour comprendre comment ces odeurs du jardin finissent par structurer nos flacons. Si vous voulez vraiment comprendre les entrailles de la création, c’est le rendez-vous qu’on vous conseille de ne pas manquer. On a aussi un atelier d’extraction avec Lvnea Parfums. C’est crucial car souvent, le public pense qu’on presse juste une rose pour faire un parfum. Là, on va comprendre pourquoi c’est complexe, ça va parler de solvants, d’enfleurage et de teintures. C’est une véritable immersion dans le labo du créateur indépendant, une sorte de « cooking show » olfactif.

Hacker le parfum et explorer la synthèse

Vous connaissez notre amour pour les rebelles et les pirates de la parfumerie. On a donc forcément aimé le concept de l’atelier Parfum pirate animé par Contrebande. Le concept nous a interpelé : on apporte un parfum mal-aimé, une vieille lotion de pharmacie ou un après-rasage de brocante, et on apprend à le hacker en lui superposant des ingrédients de parfumerie. C’est une manière de dénaturer l’œuvre pour mieux se l’approprier, un geste presque punk qui a déjà séduit beaucoup de monde puisque l’atelier a été l’un des premiers à afficher complet. 

Pour ceux qui seraient intimidés par les éprouvettes, l’activité Nez à nez propose un tour d’horizon de cinq molécules de synthèse emblématiques. C’est gratuit, c’est sous forme de table ronde, et c’est parfait pour briser la glace avec la chimie de la parfumerie moderne, si souvent mal comprise ou injustement critiquée par le grand public. Ça permet vraiment de démystifier les matières de synthèse.

Audrey Bartis MTL Olfaction

Audrey Bartis, qui anime le module Le corps de la parfumerie, la parure invisible.

Le corps, la scène et le patrimoine

L’évènement va aussi chercher du côté de la réflexion intellectuelle, ce qui apporte une profondeur bienvenue. Audrey Bartis, professeure à l’UQÀM, offre une conférence fascinante intitulée Le corps de la parfumerie, la parure invisible. On y explore comment les images de la parfumerie incarnent leurs créations et construisent leur propre langage corporel, entre mode et luxe. On est impatients d’en savoir plus sur ces parures invisibles qui nous habillent au quotidien. Il y aussi le panel sur le patrimoine olfactif québécois avec Léa Hiram. C’est un sujet qui nous tient à cœur car on ne connaît pas assez les matières « indigènes » comme le foin d’odeur, cette plante emblématique des cultures autochtones. Raed veut vraiment mettre en lumière cette diversité et cette richesse du terroir nord-américain qui est trop souvent ignorée au profit des matières premières classiques importées, qu’on connait presque déjà un peu trop. C’est un travail anthropologique autant que sensoriel.

Le corps, la scène et le patrimoine

L’évènement va aussi chercher du côté de la réflexion intellectuelle, ce qui apporte une profondeur bienvenue. Audrey Bartis, professeure à l’UQÀM, offre une conférence fascinante intitulée Le corps de la parfumerie, la parure invisible. On y explore comment les images de la parfumerie incarnent leurs créations et construisent leur propre langage corporel, entre mode et luxe. On est impatients d’en savoir plus sur ces parures invisibles qui nous habillent au quotidien. Il y aussi le panel sur le patrimoine olfactif québécois avec Léa Hiram. C’est un sujet qui nous tient à cœur car on ne connaît pas assez les matières « indigènes » comme le foin d’odeur, cette plante emblématique des cultures autochtones. Raed veut vraiment mettre en lumière cette diversité et cette richesse du terroir nord-américain qui est trop souvent ignorée au profit des matières premières classiques importées, qu’on connait presque déjà un peu trop. C’est un travail anthropologique autant que sensoriel.
Audrey Bartis MTL Olfaction

Audrey Bartis, qui anime le module Le corps de la parfumerie, la parure invisible.

Et puis, il y a la touche personnelle de Raed : la scénographie olfactive. Il y raconte entre autres ses collaborations avec le chorégraphe Émile Pineault pour la pièce Bottommost. Tenez-vous bien, il a même dû recréer l’odeur très particulière des poppers (nous mettons en garde quant à l’utilisation du vrai produit, évidemment) – de manière légale et parfumée – pour une expérience immersive en salle. C’est ça, la magie de cet évènement : on ne se contente pas de sentir une cloche en verre dans une boutique aseptisée, on vit l’odeur dans l’espace, dans le mouvement et dans le souvenir. Une démarche intéressante où l’on décortique l’odeur d’un solvant pour en faire une œuvre capable d’évoquer des souvenirs précis.
Module de la MTL Olfaction, Montréal 2026.

L’identité québécoise : Une diversité en construction

Quand on interroge Raed sur l’identité olfactive du Québec, sa réponse nous a paru complexe et magnifique. Ce n’est pas juste une extension de l’Europe ou une colonie olfactive. C’est un mélange de cultures autochtones, de plantes ancestrales et d’influences issues de l’immigration. C’est une identité qui se cherche encore mais qui puise sa force dans sa diversité. Des marques comme Monsillage, Lvnea ou H Parfums sont les piliers de cette scène locale qu’on gagne tous à découvrir. On sent que la parfumerie québécoise propose du vrai, à l’image d’Isabelle Michaud qui a remporté des prix pour son Eau de Céleri.

D’ailleurs, ceux qui le souhaiteront pourront aller visiter les coulisses puisque Monsillage ouvre les portes de son atelier. Et si vous passez chez H Parfums ou 30ml, attendez-vous à des présentations de matières premières et des moments de partage sans aucune pression d’achat. Le but est vraiment de créer des espaces sécurisants pour les curieux, loin du snobisme. Une approche humaine où l’on rencontre l’artisan avant le produit.

Conclusion : Une bouffée d’air frais

Cet évènement, c’est pour nous plus qu’un simple festival, c’est une véritable bouffée d’air frais. C’est l’occasion de voir des gens sincères, passionnés, qui ne sont pas là pour vous vendre une énième soupe parfumée, mais pour vous faire vivre une expérience humaine et sensorielle. On sent que le Québec a énormément à nous apprendre sur le partage et l’ouverture d’esprit.

Si vous avez la chance d’être à Montréal fin août, on vous encourage vivement à foncer à l’École supérieure de mode. La plupart des activités sont gratuites ou à prix très accessibles, l’objectif étant d’ouvrir les portes de l’invisible au plus grand nombre. Il y aura même une exposition où l’on pourra sentir toutes les créations locales en tout confort. Comme le dit Raed avec beaucoup d’humilité, c’est un évènement fait avec le cœur. Alors, on se retrouve là-bas (qui sait?!) pour explorer nos souvenirs et découvrir de nouveaux horizons ? 

Alors ce MTL Olfaction et le monde olfactif du Québec et de Montréal, ça vous inspire ?

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L’auteur :

L'Ancien, animateur, auteur du podcast Parfum La Parfumerie

L’Ancien

Auteur / Animateur

Il est la voix lugubre de ce podcast, grande gueule qui aime à secouer l’industrie du parfum. Sur ces notes trempées à l’encre noire, on peut distinguer des listes de victimes enterrées de Paris à Oman. L’Ancien est celui que tu aimes détester, c’est cette note de cœur qui te dérange mais qui rend la composition si singulière.

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