La valeur des choses
Le vrai prix du parfum

L’odeur et la texture
C’est en remettant le nez sur Années Folles de La Parfumerie Moderne que je me suis fait la réflexion. La compo sent chère, ça sent le vrai parfum, ça respire la matière. En étant préservé du packaging, du prix et du discours général autour de la référence, grâce entre autres à l’incroyable flacon cheap dont Zaïd m’a gratifié pour me le faire parvenir, j’ai pu faire abstraction du marketing et du superflu.
Un parfum doit être vu comme tel, le jus et seulement le jus. Mais voilà, la réalité est toute autre.
Donnez de la force à vos gars ! Il a fallu 1 litre de café pour réaliser cette newsletter !
Notre infâme communauté se retrouve sur notre Serveur Discord, on parle de fragrances, de bons plans etc. On s’affronte, on s’engueule, bref une putain d’ambiance !
Notre groupe Telegram diffuse tous nos épisodes + des inédits croustillants de temps à autre.
Pas inscrit à la Newsletter de La Parfumerie Podcast ?! Ça prend 3 secondes :

Les œillères
On le sait tous, en tant que passionnés, le parfum c’est la composition. Mais ça m’a donné envie de me livrer à un petit jeu. Qu’en serait-il si cette superbe fragrance était présentée autrement, à un tarif complètement différent ? Imaginez donc ce jus dans un flacon de parfum générique, vendu à 25€ ? Je ne suis pas du tout fan du vrai flacon d’ailleurs, mais il donne quand même une aura minimum, soyons franc.
Vendu en mode « tout pour rien », ça n’est plus la même chanson. On sentira sans donner d’importance au parfum, on se tartinera avec sans le respecter, en se disant à peine : « efficace le bordel, j’ai bien fait d’en prendre deux » !
Et si maintenant j’emballais le bail dans un coffret luxueux, à la Kilian par exemple, et que je débourse 350€ pour l’avoir ? Je ne jugerais alors que ce qui touche le sens de la vue, voir du toucher, pour valider un bon jus qui ne confirmerait finalement que le tarif et le design. Loin de la valeur réelle du parfum, loin de l’odeur.
Knightsbridge
En critiquant Knightsbridge de Robert Piguet j’ai été dans la même démarche. J’ai donné mon avis sur la démarche luxe du projet, en comprenant la formule dans un pack. Qu’en serait-il s’il était vendu chez Adopt’ ou même chez l’Occitane ? La perception aurait été différente, même si chez nous on essaie de faire attention à ces pièges.

La beauté intérieure
Le vrai, le beau, est donc le parfum qui transperce le verre et nous touche en plein cœur, au-delà du prix affiché ou du packaging. Le problème, et quelque part tant mieux, c’est que le vrai tarif c’est nous qui l’appliquons.
Vous me direz qu’on nous l’a soumis en l’étiquetant en boutique ou sur le site marchand, soit. Mais notre plaisir, celui qui sert bien souvent le biais cognitif de confirmation, consolidera l’amour qu’on portera à l’œuvre.
Le prix, le discours et l’emballage de Knightsbridge ont servi la thématique de la fragrance. Pas de Knightsbridge sans luxe, c’est juste impossible, peu importe ce que contiendra le flacon.

L’amour vrai
L’important au final c’est d’aimer ce qu’on porte. Un sac à main de luxe ne serait pas autant aimé s’il n’en était pas un. Pour tout produit c’est la même équation. La notion de sacrifice lié au luxe, cet achat sanglant qui met notre banquier en PLS, est nécessaire pour apprécier et donner la valeur au parfum.
C’est ce qui a été enfin compris par les géants du game lorsqu’on a vu ces derniers mois les ajustements douloureux au niveau des tarifs.
On choisira peut-être mieux au final, la carte bancaire saura nous rendre moins impulsifs en sentant la patate à la caisse.
Toutes les archives de la Newsletter Parfum :
Classique ?
Le succès ou la longue durée de vie d’un parfum en font-ils un classique ? Les exemples de Bleu ou Le Mâle sont-ils comparables ?
Pendant ce temps, en boutique…
Pendant que la guerre de la hype perdure sur TikTok, que les éclaboussures cachent la réalité, d’autres s’en tiennent à faire leurs courses en boutique…
L’écart se creuse
Malgré le flou ambiant et les frontières devenues poreuses entre les catégories commerciales de la parfumerie, l’écart se creuse en interne…
Plus ça produit…
On a tendance à penser ces derniers temps que plus l’industrie pousse ses produits, plus c’est de la merde qui sort. Mais n’y a-t-il pas un souffle de vie ?
Les indés de la farce
Les chiffres des sorties sont chaque année en hausse, on voit l’industrie devenir une robotique à fric, il faut pousser les petites maisons.
Confier son parfum à quelqu’un d’autre ?
En s’asseyant dans une vraie parfumerie on part à l’aventure. On se laisse emporter vers des senteurs qu’on n’aurait jamais testé seul…
Univers de marque
Goûter à un parfum suffit rarement avec une fiole de 2ml. Malgré les couleurs et le packaging, on plonge souvent dans le vide.
The revolution will not be televised
En 1971, Gil Scott-Heron avait prévenu, la révolution ne sera pas télévisée, n’attendez rien de l’industrie du parfum et de leurs suiveurs…
Le culte de la personnalité
Le temps a permis à l’industrie du parfum de cultiver les personnalités de ses parfumeurs, de surfer sur une popularité naissante, pourquoi pas ?
La passion vs le business
Vivre sa passion en se lançant dans la parfumerie n’est pas gagné d’avance, il faut savoir faire des maths et observer pour s’en sortir…
Com’ et générations
Les vieillards du game comme nous sont peu touchés par les parfums d’aujourd’hui, et les jeunes ne se retrouvent pas dans les anciens. Une question de message.
Persévérer…
Lorsqu’on se lance comme indépendant dans la création d’une marque de parfum il faut s’attendre à l’adversité, à être solide sur ses appuis…
Parfums à la flotte…
Lorsqu’on parle de cahier des charges on pense aux gros calculs du mainstream, mais la pop niche n’est pas en reste…
L’autarcie nécessaire
Lorsqu’on crée, on est ce qu’on appelle communément un artiste, et l’ennemi c’est toujours « l’autre ». Il faut souvent s’isoler pour être soi-même…
La chute vertigineuse de la parfumerie
Quelqu’un peut-il m’expliquer comment on peut avoir un Ambre Fétiche en 2007 et finir avec des Ambre Safrano 15 ans plus tard ?