Gourmands et gourmerdes
La mal-bouffe en parfumerie
Depuis le lancement de l’incroyable Angel, et surtout la confirmation de son succès, chaque marque a lancé un clone. Pink Sugar, La Vie est Belle, Black Opium, Poison Girl, la liste est quasiment infinie.
Donnez de la force à vos gars ! Il a fallu plus de 2 cafés sans sucre pour réaliser cette newsletter !
Choisis ton poison
En calquant cet Angel si singulier, la parfumerie féminine s’est retrouvée dans la spirale de la sucraille, une ère abominable qui persiste toujours. Si de nombreuses références ont été des succès interplanétaires, ça n’en était pas moins de la merde. Bourrés de fleurs blanches poussées à saturation, gonflées à des élixirs pâtissiers, vanillés, ambrés… la recette relève du vomitif.
Sur les étales des supermarchés du parfum on a le choix. On choisit entre les flacons, entre les marques, les bouchons, les étiquettes… mais le jus est le même à chaque fois, un peu comme les boisés aromatiques du rayon homme.
Gourmand ?
Ces liqueurs de glucose n’ont rien de gourmand au final. Car à part retranscrire une sensation de sucré, on est très vite écœuré, on n’a pas la finesse d’un vrai parfum gourmand. C’est un peu comme comparer un fast food et un quatre étoiles du guide Michelin, et encore…
Personnellement, j’ai vite séparé les sucrailles des gourmands. Pour moi Mon Guerlain est un gourmand, ou Libre d’Yves Saint Laurent. Mais les formules saturées n’ont rien à voir. Même si leurs compositions sont généreuses, elles restent digestes, on en remet, on a une évolution qui nous emmène vers quelque chose.
D’autres parfums, comme Désert Suave de Liquides Imaginaires, Rahat Loukoum de Serge Lutens, nous emmènent dans des recettes qui titillent notre désir de sucre. Mais quiconque possède des narines comprends vite le fossé qui sépare ces travaux.
Se fair désirer
En faisant écho à un vieil article de Poivre Bleu (le Nez Bavard), je tiens à souligner l’esprit qui pousse les femmes (entre autre) à aller vers ce genre de parfums. Un sillage gourmand donne envie de dévorer, je m’arrête là. Ceci dit, ce genre de parfums sucrailles montre surtout toute la culture de mal-bouffe qui nous a bercé. La femme de goût, qui veut faire les mêmes impressions, ira vers de beaux gourmands, des vrais.
C’est là qu’on peut revenir vers un parfum comme L’Heure Défendue VII de Cartier dont on a parlé lors du dernier épisode. Un chocolat amer qui touche les amateurs du genre, du raffinement, du style, de la beauté, qui reste loin des pâtisseries dégoulinantes. Bien sûr ça n’est pas ultra crossover pour quelqu’un qui veut ratisser large, mas comme on l’a souligné, un parfum comme Karité Corsé de L’Occitane sait respecter les limites qui séparent l’art de l’industrie.
Hyperglycémie
Au final le gourmand n’est pas un produit hyperglycémique. On parle de parfum, d’art, pas de chewing-gum ou de produits chimiques consommables. Les sucrailles desservent la parfumerie et repoussent les gens loin du désirable. Vouloir se faire désirer comme une gourmandise doit inclure qu’on est consommable, et non un poison.
Si l’on devait fixer des frontières visibles je placerais un parfum comme Seminalis d’Orto Parisi au bout du trajet. Au-delà… c’est de la merde.
On tombe dans cette mal-bouffe, cette mal-odeur qui lui colle, qui nous asphyxie et nous éloigne du bon goût, comme le font les parfums 2.0 chargés de bois ambrés. En s’y habituant, on chute.
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