Vivre et laisser mourir
On aime parfois un parfum sur un court terme…
Quand on dit qu’un parfum nécessite beaucoup de temps pour l’apprécier, on n’exagère pas. Passés les échantillons, le fait de porter le jus après achat s’avère parfois être une amourette.
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Le passage à l’achat
Après avoir testé un parfum sur dix jours, même deux ou trois semaines, on se dit qu’il est temps d’arrêter de commander des échantillons ou de faire chier les vendeuses. On passe à l’acte en sortant cette carte bleue en pleurant. Il y a des références très chères, d’autres moins, mais bien sûr c’est rarement donné.
Mais dès la réception de l’article, il y a souvent un petit désenchantement qui s’opère. On le voulait, il est là, mais ça n’est pas comme quand on le désirait de toute notre âme. Ceci dit, on est convaincu que c’est un bon choix au vu des essais opérés au préalable.

On se rassure
On se pavane au début, on se rassure en se disant que l’opus est lourd. On ramasse quelques mots, quelques compliments qui nous raffermissent dans nos idées. Le parfum est beau, nul doute. Il est qualitatif, il a du sillage, il séduit les gens et il me plait !
En gros il a ce qu’il faut où il faut… un parfum qui valait la dépense. Des achats comme ça on en a tous fait. Des beaux petits machins bien foutus qui nous ont séduis, même hypé au max parfois. Mais l’atterrissage est parfois différent. Et ce même après de nombreux tests. Car le quotidien et la routine ne mentent pas.
Les doutes…
Au bout de quelques temps, parfois seulement quelques jours, on se met à se dire que c’est très beau mais ça ne nous excite pas autant qu’avant. Avant de le mettre on regarde les autres parfums sur les étagères on se disant qu’il est temps de changer, mais que c’est normal. Le doute s’installe, le doute ne laisse jamais d’équivoque en parfumerie.
Ce parfum n’est pas ce que je veux au fond de moi. Je l’aime, mais ça n’est pas ce que je cherche. Malgré un 25ml passé dans un kif illusoire, je retombe doucement.
À la fin du flacon, on se dira adios. On s’est aimé, je t’ai respecté, ainsi que tout le travail qui a amené cette belle formulation, mais on doit se dire la vérité : nous ne sommes pas fait l’un pour l’autre. Ce flacon sera notre destin commun, puis nous prendrons des chemins différents.
C’est reparti
Passé la déception et le désamour inévitable, le perfumista qui vit en nous va se relancer à la recherche d’un nouveau trésor. Pas le choix, la passion c’est comme ça !
L’espionnage des commentaires sur Discord va redoubler, les lectures sur les blogs, les discussions partout, les visites de parfumeries… Avec toujours la même idée en tête : trouver LE parfum qui nous renversera pour la vie.
Cette quête prend du temps, parfois une vie, et se finit souvent dans une impasse. Ceux qui ont les moyens d’acheter de nombreux parfums accumuleront les références sur leurs étagères, les autres se consoleront en se disant que c’est sans espoir de toute façon.
Certains reviendront à leur premier amour, comme notre Bath-man qui disait récemment qu’il a fait le tour du monde des parfums, mais qu’il n’a rien trouvé au final qui soit au dessus de son Tuscan Leather.
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Le succès ou la longue durée de vie d’un parfum en font-ils un classique ? Les exemples de Bleu ou Le Mâle sont-ils comparables ?
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Pendant que la guerre de la hype perdure sur TikTok, que les éclaboussures cachent la réalité, d’autres s’en tiennent à faire leurs courses en boutique…
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En 1971, Gil Scott-Heron avait prévenu, la révolution ne sera pas télévisée, n’attendez rien de l’industrie du parfum et de leurs suiveurs…
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Lorsqu’on parle de cahier des charges on pense aux gros calculs du mainstream, mais la pop niche n’est pas en reste…
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L’autarcie nécessaire
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La chute vertigineuse de la parfumerie
Quelqu’un peut-il m’expliquer comment on peut avoir un Ambre Fétiche en 2007 et finir avec des Ambre Safrano 15 ans plus tard ?