Thomas Dominguès, sur un fil entre vente et passion

Saison 7 – Épisode 4

De l’assurance vie à l’Opium :

D’une base de passionné, transformant chaque recoin de l’open space en parfumerie d’un autre temps, Thomas est un vrai autodidacte du parfum. Un passionné pur, qui a réussi à transformer une vie professionnelle peu fun en obsession olfactive parfaitement assumée, en rencontrant, sentant et surtout en parlant juste du parfum. De l’assurance vie à l’Opium (son pseudo sur le site d’AuParfum), il n’y avait finalement qu’un pas, et quelques litres de jus.

Écouter l’épisode de La Parfumerie avec Thomas Dominguès :

Une présentation assidue : Arsène (en Ambilux de Marlou) et L’Ancien (en Ella d’Arquiste).

– Par Arsène.

Aller chercher du parfum comme aller chez le psy ?

On ne peut pas venir dans un magasin pour y raconter toute sa vie, même si ça peut être tentant pour certains. Le côté intime du parfum, tout ce qu’il raconte de nous, a parfois poussé certains clients à évoquer un père parti acheter un paquet de cigarettes quinze ans auparavant, sans jamais revenir. Touchant, certes, mais difficilement compatible avec le fait de faire tourner une boutique. Thomas raconte ainsi un changement de cap chez Liquides. Fini les temps extrêmement longs passés assis avec le vendeur, dans une posture presque thérapeutique. Aujourd’hui, on laisse davantage de place aux clients pour être indépendants, rester moins longtemps, circuler plus librement. Moins de psychanalyse, plus de dynamisme. Et surtout, un espace qui reste un magasin avant d’être un divan.

Acheter ou mourir

On adore la boutique. Chaque passionné appréciera sans doute autant que nous. Mais on ne peut pas continuer à aller dans une boutique comme on va dans un musée, pour regarder les tableaux, prendre des selfies devant et rentrer chez soi sans rien acheter. Et le paradoxe est là : le parfum est un objet qui demande du temps, parfois plusieurs visites, plusieurs essais sur peau, alors que la boutique, elle, ne peut pas se permettre de fonctionner uniquement sur du temps long sans retour immédiat.

Donnez de la force à vos gars ! Il a fallu à Arsène 2 espressos obscurs pour propulser cet épisode !

Thomas Dominguès, Différentes Latitudes / Liquides bar à Parfums, Paris.

Soutenir, ça finit forcément par passer par l’achat. Sans pression mise sur les consommateurs évidemment, mais avec une réalité simple : aimer un lieu, c’est aussi lui permettre d’exister encore dans cinq, dix ans. On achète pour ses goûts personnels, mais aussi pour que les boutiques qu’on aime ne deviennent pas des souvenirs.

Sucre noir, roux et cassonade

Peu d’espoir sur un véritable renouveau des tendances, même vu depuis une boutique parisienne. L’avenir restera probablement au sucre, comme ces quinze dernières années. Et même si on s’accorde cinq minutes pour imaginer un monde idéal sans notes fruitées, sans éthyl-maltol et consorts, la réalité nous rattrape très vite.

Même dans une boutique à la sélection aussi pointue, il en faut pour tous les goûts. Car oui, les goûts des consommateurs restent les juges de paix. Malgré des directions artistiques parfois catastrophiques, un manque de culture de certains indépendants et une méprise fréquente des maisons de composition, ce sont bien les clients qui continuent d’acheter et d’apprécier les sucrailles plutôt que les parfums dits « pour vieux », souvent plus riches en naturels.

Entre caricature et espoir

Il y a trop de marques, trop de discours, des distributeurs qui influencent l’offre en boutique et une séphorisation partielle de la niche que l’on cesse de dénoncer épisode après épisode. Et même si peu de choses semblent aller dans le bon sens pour la parfumerie, il restera toujours des gens pour vouloir appartenir à une contre-culture. À défaut ou à raison, pour se différencier des autres, quitte à mélanger des parfums n’importe comment plutôt qu’à acheter enfin un bon parfum. Des parfums avec de vrais partis pris, qui ne plairont pas à tout le monde. Et si, finalement, le snobisme de certains finissait par sauver une partie de la parfumerie ?

Peu importe les raisons qui nous font aimer la niche, une chose reste sûre : il faut acheter. Soutenir les marques que l’on apprécie. Un succès d’estime n’a jamais payé les charges d’une entreprise. On regrette déjà certaines marques disparues, inutile d’allonger la liste.

Hiram Green Ultra

[Annonce publicitaire d’une marque qu’on valide!]

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Entre caricature et espoir

Il y a trop de marques, trop de discours, des distributeurs qui influencent l’offre en boutique et une séphorisation partielle de la niche que l’on cesse de dénoncer épisode après épisode. Et même si peu de choses semblent aller dans le bon sens pour la parfumerie, il restera toujours des gens pour vouloir appartenir à une contre-culture. À défaut ou à raison, pour se différencier des autres, quitte à mélanger des parfums n’importe comment plutôt qu’à acheter enfin un bon parfum. Des parfums avec de vrais partis pris, qui ne plairont pas à tout le monde. Et si, finalement, le snobisme de certains finissait par sauver une partie de la parfumerie ?

Peu importe les raisons qui nous font aimer la niche, une chose reste sûre : il faut acheter. Soutenir les marques que l’on apprécie. Un succès d’estime n’a jamais payé les charges d’une entreprise. On regrette déjà certaines marques disparues, inutile d’allonger la liste.

Et vous, comment vous vous situeriez dans cette problématique de vente / conseil ?

Faites profiter le lecteur de votre expérience, lâchez un commentaire !

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L’auteur :

Arsène : Auteur, animateur de La Parfumerie Podcast

Arsène

Auteur / Animateur

Étudiant éternel en quête d’un avenir, radieux ou non, il cherche avant tout à sentir bon. Il prend le parfum comme un art et se balade comme s’il avait un Picasso dans le dos.

Voir la bio d’Arsène

L’impitoyable Saison 7 de La Parfumerie Podcast !

Comme d’hab’ on parle de tout ce qui concerne le parfum, sans tabou ni politesse…

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