Les dégâts irréversibles
Lorsqu’on a traîné toutes ces années dans les parfumeries on finit par s’ennuyer et ne même plus voir ce qui sort du lot…
Hors-sujet
Être au bout du rouleau ne signifie pas seulement qu’on n’en peut plus, ça montre surtout qu’il n’y a plus assez d’énergie pour voir clair. Les sorties actuelles ne m’intéressent pas, malgré qu’il y ait forcément des choses à sentir. Mais en ai-je vraiment envie ? On me cite des marques sans même que je hoche la tête, qu’est-ce que j’en ai à foutre en vrai ?
C’est malheureux bien-sûr parce qu’il y a sûrement de quoi décoller du sol quelque part et trouver une source d’inspiration. Mais je laisse ça aux autres, en toute sincérité.
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Azi c’est bon…
Les imbécillités pondues depuis 10 ans ne sont pas restées sans conséquences. Les brutalités radioactives, les shampooinades, les bouillies de fruits confits (et j’en passe), m’ont poussé sur le côté, le regard médusé, figé sur les files d’attente aux caisses. Tous ces gamins, smartphones en main, chauds bouillants la carte bancaire entre les dents, prêts à bondir sur la dernière diarrhée conseillée en ligne. Ça fait pitié d’un côté, ça fait marrer d’un autre, mais ça use surtout. On n’a plus l’envie de parler, d’expliquer, de conseiller. On n’en a juste rien à foutre.
Rienaf’
Faut-il continuer ? Oui, bien-sûr, parce que c’est nécessaire. Peut-on continuer ? L’âme est saturée. J’ai bien compris que je peux toujours apporter ma pierre à la résistance en place, même si ça ne changera rien à la situation, mais lorsqu’on a déjà vidé un camion benne de cailloux c’est difficile de faire plus. Surtout que sans une vraie motivation c’est juste difficile d’être pertinent.
Des années à sentir des sottises olfactives, des jus stériles, du foutage de gueule orchestré à la rigolade pour des clients anosmiques et aveugles. C’est ce genre de traces que ça laisse sur moi. Des pensées du genre « mais frère, mais comment j’m’en bâts les couilles » !
Blablabla…
J’ai tout dit, depuis longtemps. Même s’il y a toujours des choses à dire, il n’y a pas beaucoup de changement en parfumerie. On critique des nouveautés parce qu’elles sont nouvelles commercialement parlant, sur une frise. Mais dans le flacon rien de neuf c’est un autre coup dans l’eau. Il est temps de passer la plume à des âmes qui brûlent encore, qui ont cette flamme incandescente qui pourra à nouveau pousser les murs et montrer du doigt ce qui ne va pas, avec la virulence nécessaire.
En parlant avec Le Zen on a échangé des verbes ayant les mêmes significations, on pense la même chose. Le parfum est mort et en parler on n’en peut plus, on n’en veut plus. On va passer un cap pour nous-mêmes, pour respirer et rester fidèles à une créativité qui a toujours été notre moteur.
En attendant, un nouvel épisode arrive sous peu, découpé et rédigé dans la pure tradition de la PP. Prenez soin de vous et à très bientôt, on en reparlera.
Et vous, vous sentez toujours bon ?
2 Commentaires
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Toutes les archives de la Newsletter Parfum :
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Ils sont malades ?
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La stérilité assassine
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Être original, dans les clous ?
Lorsqu’on est censé respecter les codes en vigueur pour s’assurer un minimum d’écho public, peut-on vraiment sortir du lot ?
Une niche peut-elle vraiment être grande ?
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Classique ?
Le succès ou la longue durée de vie d’un parfum en font-ils un classique ? Les exemples de Bleu ou Le Mâle sont-ils comparables ?
Confier son parfum à quelqu’un d’autre ?
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Com’ et générations
Les vieillards du game comme nous sont peu touchés par les parfums d’aujourd’hui, et les jeunes ne se retrouvent pas dans les anciens. Une question de message.
Pendant ce temps, en boutique…
Pendant que la guerre de la hype perdure sur TikTok, que les éclaboussures cachent la réalité, d’autres s’en tiennent à faire leurs courses en boutique…
Univers de marque
Goûter à un parfum suffit rarement avec une fiole de 2ml. Malgré les couleurs et le packaging, on plonge souvent dans le vide.
Persévérer…
Lorsqu’on se lance comme indépendant dans la création d’une marque de parfum il faut s’attendre à l’adversité, à être solide sur ses appuis…
L’écart se creuse
Malgré le flou ambiant et les frontières devenues poreuses entre les catégories commerciales de la parfumerie, l’écart se creuse en interne…
The revolution will not be televised
En 1971, Gil Scott-Heron avait prévenu, la révolution ne sera pas télévisée, n’attendez rien de l’industrie du parfum et de leurs suiveurs…
Parfums à la flotte…
Lorsqu’on parle de cahier des charges on pense aux gros calculs du mainstream, mais la pop niche n’est pas en reste…















ben oui je sens bon ! aujourd’hui c’est le Flocon d’Isabelle Larignon, quand je le mets ça me faire sourire, instantanément. Je ne sais pas pourquoi … Hier, c’était Arabie de Serge Lutens, un parfum que j’emmène toujours en voyage car malgré les circonstances je sais que ça ira, ça m’évite d’en emporter plusieurs. Je le rachète toujours, je ne peux pas m’en savoir dépourvue. Et bien d’autres. Le matin, c’est un plaisir de chercher ce que je vais mettre en fonction des occupations, des vêtements…. par exemple j’ai un vieux pull irlandais à grosses torsades, je mets toujours Méchant loup , pourquoi ? sais pas : pull irlandais = méchant loup. Alleeez, reprenez-vous, ce spleen va passer et on vous retrouvera toujours avec joie, ne nous faites pas le coup d’arrêter.
Je pense sentir toujours aussi bon car oui, il faut savoir choisir des fragrances qui accrochent l’âme.
Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec vous cela ne court pas les rues… mais heureusement ça existe encore.
Sans aucune prétention, je possède aujourd’hui près d’une centaine de parfums soigneusement conservés dans une armoire à vin, à température constante de 13°, à l’abri de la lumière.
Quatre-vingt-dix pour cent sont des parfums dits de niche, et je les aime tous avec bien sûr quelques préférences.
De véritables trésors y sommeillent. Je citerai de mémoire et pêle-mêle :
Orto Parisi (Terroni, Megamare),
Serge Lutens (L’Orpheline, Serge Noire, Chêne, Ambre Sultan),
Amouage (Memoir Man, Jubilation XXV),
Olivier Durbano (Tourmaline Noire), (Jade),
Masque Milano (Tango),
Frédéric Malle (Portrait of a Lady),
Heeley (Esprit du Tigre),
Parfum d’Empire (Equistrius), (Fougère Bengale), (Tabac Tabou),
Tauer (Lonestar Memories),
Francesca Bianchi (Tyger Tyger),
BeauFort London (Fathom V),
Byredo (1996),
Aramis (Calligraphy Rose),
Etro (Udaipur), Comme des Garçons (Black) (Avignon), Réminiscence (l’incroyable Patchouli) et tant d’autres.
Oui, ces fragrances me rendent heureux.
Je les choisis chaque jour selon mon humeur, la météo, l’instant à vivre.
Heureusement qu’il existe encore des parfums qui donnent envie de se parfumer vraiment.
Et je ne désespère pas de découvrir d’autres trésors dont certains dorment encore j’en suis sûr, dans l’esprit et le cœur d’un parfumeur.
Vive l’odorat !